La prévention des cyclones

 
Les cyclones font partis des phénomènes naturels les plus dévastateurs; ils engendrent des préjudices en terme de pertes humaines et économiques colossaux. On estime que le phénomène cyclonique fait en moyenne 6000 morts par an. Et lors du passage du cyclone Katrina en 2005 les pertes financières se sont chiffrées à plusieurs dizaines de miliardsd'euros.


 

Prévention:


Les cyclones sont des phénomènes que l'homme ne peut empêcher de naître. La seule solution consiste à limiter leur l'impact de différentes manières:

-prévention des populations vivant dans des zones cycloniques du risque encouru..

-surveillance des zones de naissance des cyclones ainsi que les cyclones eux mêmes au moyen de satellites ou autre dispositifs de surveillance.

-sur le long terme, développement des constructions paracycloniques.


Tout d'abord, il est certain que les constructions en bord de mer dans les régions tropicales sont bien plus exposées que celles plus enfoncées dans les terres en partie à cause des marées provoquées par le passage de la houle cyclonique. En effet le phénomène cyclonique perd énormément de sa puissance lorsqu'il s'avance sur le continent puisque il tire son énergie de l'évaporation d'eau de mer. Eviter également de construire près de cours d'eau toujours pour éviter des dégradations en cas de débordements des cours d'eau car les cyclones sont toujours accompagnés par des précipitations importantes. De plus il est préférable d'éviter une trop grande exposition aux vents.


*En France les mesures préventives en Outre-Mer sont faites de la manière suivante: avec l'amont du préfet, le maire établit un document informatif (Document d' Information Communal sur les Risques Majeurs) dans lequel il montre les mesures prises contre le phénomène en vertu de ses pouvoirs. Ce DIRCRIM est également accompagné d'une campagne d'affichage dans les villes. Si l'alerte est déclenchée, il est recommandé d'écouter les bulletins diffusés par les médias et les autorités. En général il est préférable d'éviter les déplacements, de se préparer à l'évacuation et de protéger ses biens en cas d'inondation. En cas d'orage ne pas utiliser d'appareils électriques et ne pas s'abriter sous les arbres. Avec les vents violents il est dangereux de se trouver en mer ou en forêt.


*Les cyclones sont en permanence surveillés par l' Organisation Météorologiques Mondiale (OMM). Celle-ci a désignée dans chaque bassin océanique un centre de surveillance météorologique spécialisé, par exemple Miami pour l'océan Atlantique Nord et Tokyo pour le Pacifique Nord. Ces centres doivent détecter les phénomènes cycloniques le plus tôt possible, les tracer et anticiper leur trajectoire jusqu'à la dissipation totale du cyclone. En cas de besoin ils peuvent publier des messages d'alerte aux centres météorologiques spécialisés concernés. Dans ce cas là, les informations diffusées concerneraient la trajectoire du cyclone sa variation d'intensité ainsi que l'importance des marées de tempête et des inondations qu'ils sont susceptibles de provoquer. A partir de ces informations les autorités peuvent déclencher les dispositifs d'alerte.

Cette prévision repose sur la modélisation numérique de l'atmosphère en zone tropicale. Cette modélisation numérique est en fait un ensemble d'hypothèses sur l'évolution de l'atmosphère avec pour référence son état initial venant des mesures fournies par le SMO. Ces hypothèses (concernant entre autres la pression, le vent, la température et l'humidité) sont traduites en équations mathématiques, puis numérisées pour pouvoir être appliquées aux variables à l'aide d'un ordinateur. Les différentes observations effectuées sur le cyclone sont " rentrées " dans ce programme, capable de donner à la fin du calcul les paramètres relatifs à l'évolution prévisible du phénomène.

L'OMM s'occupe grâce à la Veille Météorologique Mondiale (VMM) de la collecte d'information concernant qui constituent la base de la prévision. Cette collecte se fait grâce à un réseau de mesures appliquées dans le monde entier appelé Système Mondial d' Obsevation. Ce système s'appuie sur:


-les mesures régulières réalisées à partir de stations météorologiques et à partir de navires avec l'action par exemple de stations de radiosondage. Environ deux fois par jour, ces petits postes météorologiques très légers sont accrochés à un ballon gonflé à l'hélium. Ils retransmettent par radio des mesures de température, pression et humidité de l'atmosphère. L'attelage est localisé grâce à un système de répétition du signal GPS reçu par la radiosonde et permet ainsi de localiser la direction et la vitesse du vent qui fait dériver le ballon. Le récepteur GPS de la radiosonde ne décode pas la position du ballon mais retransmet sa position à la station réceptrice au sol.

exemple d'une radiosonde.


- les mesures effectuées par les avions commerciaux,ainsi que les reconnaissances aériennes réalisées dans l'œil du cyclone effectuées par des avions « chasseurs de cyclones » spécialement équipés. Ces avions sont équipés de capteurs météo, de systèmes informatiques et de moyens de communication qui permettent de transmettre par satellite les données mesurées. Depuis le poste de pilotage, l'officier de reconnaissance météo commande les systèmes de mesure afin de collecter la température extérieure, l'altitude de l'avion, la pression atmosphérique les turbulences le givrage, le nombre et le type de nuages et les vents à la surface de l'océan. L'appareil est également équipé d'un système de drop sondes qui consiste à larguer la sonde à l'arrière de l'appareil au lieu de l'envoyer dans le sens ascendant comme avec les ballons sondes. Durant sa descente elle transmet à l'avion les paramètres des différentes couches de l'atmosphère qu'elle traverse. Pendant une mission de reconnaissance une drop sonde est lâchée dans l'oeil de l'ouragan. L'avion est directement relié par satellite au National Hurricane Center de Miami auquel il envoie ces données afin de pouvoir réaliser des prévisions météo en temps réel.


exemple d'avion " chasseur de cyclones"

- les mesures réalisées en mer par des bouées dérivantes ou fixes. Les bouées fixes sont équipées d'une ancre leur permettant de rester à l'endroit où elles ont été positionnées. Elles sont composées de baromètre, d'anémomètre, de girouette de sonde mesurant la température de l'air et l'hygrométrie et de capteurs mesurant la houle. Les bouées dérivantes ne sont pas ancrées et dérivent donc au gré des flots. Elles sont repérables grâce à un système GPS et ont la même composition que les bouées dérivantes mis à part la girouette et les capteurs mesurant la houle qui ne sont pas présents.

photo d'une bouée dans l'Atlantique

- les mesures effectuées par des satellites en orbite polaire comme les radars Dopplerqui mesure la vitesse et la direction du vent le long de la verticale c'est à dire la mesure du profil vertical du vent par rapport à la position du radar, qui est appelé pour cela « profileur de vent ».

exemple d'un satellite suivant les mouvements du cyclone

Les satellites permettent donc de suivre les mouvements des cyclones afin de déterminer leur provenance et leur destinations futures. voici un des nombreux exemples d'images animées d'un cyclone prises par les satellites, sur laquelle on peut voir la variation de direction du cyclone pendant 3 jours.


radar météorologique nommé Doppler

Ce radar permet une détéction précise et localisée de l'évolution d'un cyclone.

Le prévisionniste compare les différents modèles puis établit une synthèse ou fait son choix parmi les différents scénarios, à partir de son expérience : c'est l'expertise humaine.


*Le génie paracyclonique consiste à améliorer la résistance générale du bâtiment pour qu'il résiste le plus longtemps possible au cyclone. En effet il est impossible de garantir une résistance totale au phénomène. Le vent exerce entre autres des forces de soulèvement, de suppression et de dépression sur les structures et les mesures paracycloniques sont censées minimisées ces forces. Toutefois ce domaine vise plutôt à la réduction de l'impact des cyclones sur le long terme. Il consiste en partie à limiter la prise aux vents des bâtiments c'est à dire par exemple à réduire les débordements de toiture des murs principaux à 30 cm maximum. Pour éviter le soulèvement du toit il est préférable d'utiliser un toit à quatre pentes avec une inclinaison d'environ 30° car il s'agit de l'élément principal de défense des structures individuelles. En cas de pénétration d'un objet extérieur dans la structure, le vent passe par l'ouverture et augmente ainsi considérablement les forces de soulèvement. C'est pourquoi toutes les ouvertures doivent être renforcées: les vitres doivent avoir une épaisseur de 6 mm et pour les grandes surfaces ouvertes il est nécessaire d'avoir recours à des volets para-cycloniques. La charpente fait office de contreventement (élément assurant la statique de l'ensemble des pièces composant la charpente et la résistance contre la poussée du vent sur la toiture) principal dans une maison, il est donc important qu'elle soit en bon état. Des poutres agencées en K ou en N dans le plan de la toiture constituent un contreventement efficace.

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